Articuler accès aux droits et accompagnement

Le Haut Conseil du Travail Social (HCTS) a diffusé dernièrement sur leur page LinkedIn le fruit d’un travail visant à répondre à un enjeu pour les professionnels : alléger la charge administrative pour renforcer le temps d’accompagnement, tout en améliorant l’accès aux droits des personnes en situation de vulnérabilité.

À partir d’expérimentations menées dans divers territoires, cinq leviers transversaux ont été identifiés comme essentiels pour favoriser l’accès effectif aux droits et restaurer le pouvoir d’agir des personnes accompagnées :

Garantir l’universalité des droits

Le HCTS rappelle que l’accès aux droits constitue la première marche de la citoyenneté visant ainsi à faire correspondre les droits théoriques à des droits effectifs en les adaptant aux singularités des personnes. Pour illustrer ce premier levier, est cité l’exemple de l’ouverture de droits à vie pour les personnes dont le handicap n’évoluerait plus favorablement. Cette mesure réduirait les ruptures de droits pour les personnes et libèrerait un temps considérable pour les MDPH au bénéfice des nouvelles demandes ou au référents sociaux soutenant les démarches administratives.

Renforcer l’aller-vers

L’aller-vers est présenté comme un outil majeur contre le non-recours. Cette « nouvelle » manière d’intervenir se décline sous de nombreuses formes comme des permanences d’écrivains publics pour accompagner les démarches administratives, des primo-accueils délocalisés dans les zones rurales, des interventions collectives ou individuelles au plus près des lieux de vie ou encore des forums d’accès aux droits en détention où les administrations se déplacent vers les personnes détenues. Ces différentes actions démontrent une amélioration de la réactivité, une meilleure visibilité des institutions et impacteraient positivement le lien de confiance d’après les professionnels les ayant déployées sur leur territoire.

Pour rappel, le SIAO 95 a consacré une coordination territoriale semestrielle sur la thématique des dispositifs de l’aller vers et a publié un référentiel à destination des professionnels du secteur de l’AHI.  (Référentiel 2025 des dispositifs d’aller-vers du Val-d’Oise – SIAO 95)

Valoriser la pair-aidance

Le savoir expérientiel est reconnu comme un levier puissant et tout aussi important que le savoir théorique. Dans plusieurs actions observées, les pairs facilitent le lien, renforcent la compréhension des démarches, soutiennent la confiance et l’autonomie, mais favorisent aussi l’innovation dans les pratiques professionnelles.

Dans le Val d’Oise, l’équipe du dispositif “Un chez soi d’abord” bénéficie de l’expertise et du savoir expérientiel d’un travailleur pair.

Mieux coordonner les acteurs

La coordination est reconnue comme un facteur de réussite chez les professionnels car elle favorise la mise en réseau. Elle participe à fluidifier la communication, à clarifier les rôles, à prévenir la gestion des conflits ou réguler les tensions et à évaluer l’efficacité du partenariat.

A titre d’exemple, le SIAO anime la coordination de veille sociale. Cette instance trimestrielle réunit les partenaires et permet d’échanger sur les actualités des structures, la présentation de nouveaux dispositifs, l’identification de problématiques émergentes et/ou de favoriser les synergies locales.

Développer le pouvoir d’agir

La restitution du groupe de travail du HCTS met en lumière comme ultime levier le développement du pouvoir d’agir des personnes accompagnées. L’« empowerment » renforce l’autonomie, améliore la compréhension des démarches et amène les personnes concernées à interpeller elles-mêmes les partenaires susceptibles de les aider. Il impacte également les professionnels en remettant du sens à leurs actions, en augmentant leurs marges d’action ou en favorisant le décloisonnement.

Dans le Val d’Oise, il existe différentes instances qui associent professionnels et personnes concernées  afin de prendre en compte les besoins et envies  et, ainsi, renforcer leur pouvoir d’agir. Le Département a, par exemple, créé le Haut Conseil des Jeunes confiés. Cette instance se compose de 24 jeunes âgés de 9 à 19 ans, issus de maisons d’enfants à caractère social (MECS) de l’ensemble du territoire valdoisien pour travailler la politique départementale de protection de l’enfance.

POUR ALLER + LOIN

Téléchargez le guide Articuler accès aux droits et accompagnement, en cliquant ici.

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