Lundi 24 novembre 2025
CONFERENCE SUR LE FEMINICIDE : Comprendre les mécanismes des féminicides, intervenir, prévenir le danger
Organisée dans le cadre de ARGENTEUIL DIT STOP AUX VIOLENCES FAITES AUX FEMMES 2025, cette conférence était animée par Andrea GRUEV-VINTILA (maîtresse de conférences HDR en psychologie sociale à l’Université Paris-Nanterre) et Khadija AZOUGACH (avocate au barreau de Paris et anthropologue).
Malgré les efforts des politiques publiques depuis 2019, les chiffres liés aux féminicides ne faiblissent pas. En 2025, on compte en France :
✔️ 98 féminicides reconnus officiellement (+11 % par rapport à 2024) contre 158 enregistrés par le collectif « Nous Toutes » ;
✔️ 398 310 enfants co-victimes des violences subies par leur mère ;
✔️ toutes les 7 heures, une femme que son (ex-)conjoint tue ou tente de tuer, conduit à se suicider ou à tenter de se suicider.
Le féminicide est le fruit d’un processus ayant amené une relation vers un contrôle coercitif, c’est-à-dire « un ensemble de comportements répétés visant à isoler et détruire la liberté d’autrui, avec ou sans violences physiques. ». L’identifier est essentiel car il précède souvent les homicides. La planification et l’acte en lui-même arrivent après une escalade de la violence liée à la désobéissance de la femme ou à un événement menaçant le contrôle de l’agresseur (séparation réelle ou potentielle, grossesse/accouchement, maladie ou problèmes financiers). Les auteurs ne perdent jamais le contrôle d’eux-mêmes, comme il peut être dit encore trop souvent, mais choisissent la relation avec laquelle ils s’autorisent la violence (« sélectivité relationnelle »).
L’enjeu principal est de détecter les premiers signes de ce contrôle coercitif, même en l’absence de violences physiques, et de mettre les victimes, femmes et enfants, en sécurité grâce à la mise en place de dispositifs d’accompagnement et de protection adaptés.
Si des évolutions sont à noter, certains freins juridiques ou structurels limitent ou découragent les victimes dans la défense de leurs droits :
✔️ la Convention d’Istanbul, ratifiée en 2014 par la France, a mis beaucoup de temps à être respectée et ne l’est pas encore totalement aujourd’hui :
– les violences économiques n’existent toujours pas dans la loi ;
– la notion de consentement vient tout juste d’être ajoutée dans la définition pénale du viol.
✔️ le cloisonnement de la justice française (différents juges : pénal/aux affaires familiales/aux enfants) complexifie les démarches ;
✔️ l’absence de moyens et de professionnels formés sur le terrain.
Mardi 25 novembre 2025
CONFERENCE ET TABLES RONDES : Santé des femmes dans le Val-d’Oise (de l’observation à l’action)
Organisée dans le cadre du MOIS DE LA PAIX À SARCELLES, cette rencontre a réuni Caroline DE PAW (sociologue spécialiste des inégalités en santé), des femmes venues témoigner de leur parcours et des acteurs du territoire engagés sur cette problématique.
L’accès aux soins en France représente un défi croissant. Aux inégalités liées au territoire, à la situation socioéconomique ou aux origines, s’ajoutent pour les femmes des disparités liées au genre :
✔️ les femmes appellent moins pour elles que pour leur proche et renoncent plus aux soins que les hommes : 66 % des femmes ont reporté des soins sur les 12 derniers mois ;
✔️ pour certaines maladies classées comme « masculines », l’infarctus par exemple, on observe une déficience de diagnostic et de délai de prise en charge pour les femmes. À contrario, pour les maladies plus « féminines », comme la dépression, on observe une sur-représentation des femmes. Or des recherches récentes montrent que c’est l’environnement socioculturel et économique qui expose davantage les femmes aux risques de cette pathologie.
Pour faciliter l’accès aux soins des femmes, différents acteurs interviennent sur le territoire :
✔️ Observatoire Féministe des Violences Médicales : prévenir les discriminations sexistes, racistes, notamment en lien avec le « syndrome méditerranéen » et conseiller, informer en cas de violences médicales ;
✔️ GAMS Paris : lutte contre l’excision et les mariages forcés, accompagnement des familles et formation/sensibilisation des travailleurs sociaux, avocats, lycéen… ;
✔️ AFASE (Association des Femmes Africaines de Sarcelles et des Environs) : cours de français, accompagnement vers l’insertion professionnelle, à la parentalité puis à la santé (formation d’acteurs de proximité pendant le COVID pour permettre aux habitants de s’exprimer sur leurs difficultés, aide dans les ouvertures de droits) ;
✔️ Maison des Femmes de Sarcelles : lieu sécurisé d’accompagnement des femmes victimes de violences (réappropriation de l’estime de soi et accompagnement vers l’insertion, la santé et la parentalité) ;
✔️ Ambassadrices Santé (association Banlieue Santé) : former les femmes des quartiers prioritaires de la politique de la ville (dont 41 % des habitants renoncent aux soins) comme relais de prévention en santé paire (démarches d’aller-vers) ;
✔️ L’Elan des femmes : permanence d’accueil, d’écoute et d’orientation pour femmes victimes de violences conjugales au sein de l’hôpital d’Argenteuil depuis janvier 2025, prendre le relais des soignants en lien avec les victimes lors d’un passage aux urgences ou d’une hospitalisation (notamment en maternité).
Jeudi 27 novembre
102E ATELIER DE LA DIHAL
Prendre en compte les violences vécues : les pratiques d’accompagnement des femmes dans le champ de la veille sociale, de l’hébergement et du logement accompagné
À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la Dihal a organisé son 102e atelier autours de 3 problématiques :
✔️ en quoi la question du genre transforme-t-elle aujourd’hui les pratiques d’intervention sociale ?
✔️ quelles sont les spécificités des parcours et des besoins des femmes sans domicile ?
✔️ comment les professionnels intègrent concrètement la prise en compte de ces violences dans leurs pratiques d’accueil et d’accompagnement ?
Retrouvez la vidéo de la rencontre en cliquant ici.
Lundi 8 décembre
DÉJEUNER PARTENAIRE
L’association Le Moulin de Pont Rû organise 12 séjours de ressourcement par an à destination des femmes victimes de tout type de violences, dont 4 en présence de leurs enfants.
Ces derniers sont réservés aux mères avec des enfants âgés de 6 à 17 ans dont les objectifs seront de mieux se connaître, d’exprimer et gérer ses émotions, de développer ses capacités sociales et de renforcer la confiance en soi.
Les femmes sont accueillies pendant 5 jours à Bray-et-Lû et bénéficient d’un système de navette en taxi depuis Cergy jusqu’au Moulin. L’objectif est de leur redonner de l’énergie, de les remettre en mouvement, de les apaiser grâce à des outils de gestion des émotions, et de travailler la confiance en soi à travers des ateliers de yoga, d’expression corporelle, de respiration, de relaxation, d’équi-coaching, d’art-thérapie, de jardinage et de théâtre, ainsi que des balades en forêt, des soins bien-être et des séances photo.
Les 4 séjours “enfants” se déroulent pendant les vacances scolaires mais ils sont accueillis dans un autre centre que leur mère, où ils participent à des activités créatives, manuelles et sportives, pratiquent le yoga et suivent des ateliers de gestion des émotions.
Ces séjours de ressourcement sont gratuits et sur inscription des structures prescriptives via ce lien :
https://airtable.com/app8PY8Ogl3cfi0Zo/pagd7SwmHV4Nw1mse/form
