Le Logement D’Abord est le principe directeur de la politique publique relative au logement en France en direction des ménages précaires. Celui-ci repose sur deux axes : orienter rapidement les personnes mal-logées ou sans domicile vers le logement, et proposer un accompagnement adapté aux besoins des personnes afin de favoriser leur maintien dans le logement, notamment par la prévention des ruptures dans le parcours résidentiel. Le 103ème atelier de la DIHAL portait l’ambition de répondre à ce deuxième axe. Afin de pallier les besoins des personnes, deux pratiques complémentaires sont développées : l’évaluation des besoins eux-mêmes et l’implication des personnes concernées.
L’évaluation nécessite parfois des compétences professionnelles larges, qui nécessitent un croisement des savoirs. Les personnes rencontrées par les équipes mobiles connaissent des problématiques variées, qu’elles soient sociales, médicales, etc… Afin de répondre à cette situation, une maraude pluridisciplinaire entre un CAARUD et le SAMUSOCIAL du Nord a été créée pour repérer les personnes en non-recours au SIAO mais qui sollicitent l’équipe mobile CAARUD. Cela permet aux travailleurs sociaux d’engager un travail auprès de ce public, pour tenter d’initier un accompagnement social. Répondre aux besoins des personnes accompagnées nécessite que les acteurs et les politiques publiques puissent prendre en compte des besoins spécifiques, notamment en fonction du public rencontré. A titre d’exemple, il existe dans le Val-d’Oise un protocole qui permettait aux Femmes Victimes de Violences de faire une demande de Mise à l’abri d’urgence dans les 72h après les violences. Ce délai a été étendu à trois mois et de nouveaux activateurs ont été intégrés au protocole afin d’adapter les pratiques aux réalités des FVV. La pluridisciplinarité des équipes, la souplesse des politiques publiques sont autant d’outils permettant de faire émerger les besoins des personnes accompagnées.
Proposer un accompagnement pertinent en fonction des situations se fait nécessairement en accord avec les personnes concernées. Progressivement, des instances leur étant dédiées se sont développées, la présence de travailleurs pairs au sein des équipes ou des conseils d’habitants sont autant d’outils pour s’assurer que les besoins des personnes concernées soient pris en compte et respectés. L’exemple d’un Conseil des Habitants d’une Pension de Famille (PF) a été présenté par une résidente et un travailleur social. Ce conseil est un espace de débats, de votes sur les activités, la vie quotidienne. Il repose sur la mobilisation des habitants de cette PF, ce qui permet aux personnes concernées d’exprimer leurs besoins et d’y répondre, renforçant leur pouvoir d’agir.
Pour retrouver l’ensemble des interventions lors de cette table-ronde, vous pouvez consulter la médiathèque numérique de la DIHAL.
