Comprendre la situation sociale ainsi que l’état de santé physique et psychique des femmes sans domicile en période périnatale

Le Réseau SOLIPAM et le SAMUSOCIAL publient un rapport d’enquête afin de mieux comprendre la situation sociale, ainsi que l’état de santé physique et psychique des femmes sans domicile en période périnatale en Île-de-France. Une enquête quantitative est couplée à une démarche qualitative qui comprend deux volets : 420 femmes interrogées étant en hôtel social lors de la période périnatale (volet REPERES Hôtel) et 185 femmes accompagnées par le réseau SOLIPAM (volet REPERES SOLIPAM).
Alors que cette période reste décisive dans le développement de l’enfant et la santé de la future maman, la précarité est un facteur supplémentaire de risque de complications ou de mortalité maternelle et infantile. Pour répondre à cet enjeu, les pratiques autour de la prise en charge des femmes enceintes par le 115 ont été uniformisées par le Cadre Unifié des SIAO franciliens. En effet, celui-ci prévoit notamment que les femmes enceintes relèvent de la première priorité à partir de sept mois de grossesse.

L’enquête estime à 3 500 nouveau-nés sans domicile en 2025 dont 3 000 en hôtel social. Le Val-d’Oise compte 551 nouveau-nés en hôtel, CHU ou CHRS.
Entre les femmes mises à l’abri en hôtel social ayant accouché et la population générale, il existe une différence d’âge notable : 35,2% des femmes en population générale accouchent avant 30 ans contre 45,4% des femmes en hôtel social. Parmi les 420 femmes interrogées en hôtel social pour l’étude, l’enfant à naitre n’est pas le premier pour 87% d’entre elles. Que ce soient les femmes accompagnées par SOLIPAM ou les femmes en hôtel social, la grossesse et les mois suivants l’accouchement sont à la fois synonyme d’une diminution de leurs ressources et d’une augmentation des dépenses. Une grossesse devient alors un facteur de risque de paupérisation pour des ménages déjà précaires financièrement.
50% d’entre elles bénéficient de l’AME, aide essentielle pour l’accès à la santé des personnes en situation irrégulière avec peu ou pas de ressources. De plus, la continuité de la prise en charge des soins est entravée par leur errance résidentielle, ce qui dégrade leur état de santé physique et mental. Cela se traduit par un renoncement aux soins progressif, pour 15% des femmes entre le 8ème et le 9ème mois de grossesse mais 37% aux 3 mois du bébé. Mentalement, cette situation génère un stress pour 65% de ces femmes quant à leur solution d’hébergement à la sortie de l’hôpital. A contrario, les femmes n’ayant connu qu’un changement résidentiel maximum sur la période périnatale ont un meilleur état de santé physique et mentale, ainsi qu’un renoncement aux soins moins important. La stabilité résidentielle dans la période périnatale apparaît comme un facteur clé de l’accès aux soins de ces femmes et leurs nouveau-nés.

POUR ALLER + LOIN

Vous pouvez lire le rapport complet ici.

Il sera enrichi par la publication de rapports supplémentaires, notamment sur la santé post-partum des mères et leurs nouveau-nés.

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