Lutte contre les violences faites aux femmes : bilan et perspectives des actions départementales

Le 11 mars dernier, le Salon d’Honneur de la Préfecture a accueilli le Comité Local d’Aide aux Victimes (CLAV). Cette instance, coprésidée par la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Christel BONNET, le procureur de la République, Guirec LE BRAS, et le président du tribunal de Pontoise, Vincent REYNAUD, était consacrée au bilan des actions départementales menées en faveur des victimes de violences intrafamiliales.

La réunion a rassemblé de nombreux acteurs engagés, chacun intervenant à différents niveaux auprès des victimes. Il a été rappelé que le CLAV s’inscrit pleinement dans le plan interministériel « Toutes et tous égaux », qui donne une orientation collective à l’ensemble des ministères et acteurs publics en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une rétrospective des dernières années a permis de mettre en lumière les avancées concrètes réalisées :

  • À l’automne 2023, l’expérimentation du Pack Nouveau Départ (PND) a été lancée et est aujourd’hui pleinement en vigueur. Au 31 décembre 2025, 1 250 victimes détectées ont été comptabilisées, dont 1 037 intégrées au PND et 234 sorties du dispositif. Majoritairement détectées par le SSD dans le cadre d’auto-saisines (382), suivies de près par les intervenantes sociales des commissariats (218) et par la CAF (204), les détections n’ont fait que croître d’année en année, passant de 22 en moyenne par mois en 2023 à 52 par mois en 2025. Les victimes, majoritairement des femmes, sont également accompagnées de leurs enfants, soit 2 111 enfants au total pouvant être considérés comme co-victimes. Enfin, parmi les 234 sorties, 174 sont dues à l’accès aux droits activés par le référent sectoriel, et 23 à une reprise de la vie maritale avec l’auteur.
  • En 2024, des projets portés par l’ARS sur le volet santé ont permis une meilleure prise en charge des victimes, notamment grâce à la convention Hôpital-Justice-Police facilitant les signalements, les dépôts de plainte directement au sein des hôpitaux ou encore le recueil de preuves.
  • En 2025, la prise en compte de la situation des enfants victimes s’est renforcée avec :

✔️ l’ouverture d’une unité pédiatrique « enfants en danger » à l’hôpital de Gonesse,

✔️ le développement du soutien aux enfants victimes de violences conjugales, notamment grâce au centre de reconstruction porté par l’association Mon Âme Sœur.

Pour les femmes victimes en situation de handicap, l’association Maison Femme Solidarité propose également un accompagnement dédié.

Dans le cadre de l’application de la circulaire du 25 novembre 2025 sur le parcours des femmes victimes de violences dans l’hébergement, le protocole d’activation du dispositif par téléphone « 115 personnes victimes », actuellement en cours d’actualisation, a permis l’an passé la mise à l’abri de 311 ménages, soit 588 personnes (dont 254 mineurs), pour lesquelles une évaluation a été réalisée par la PASH.

La mise à l’abri hôtelière, premier recours de protection, ne suffit toutefois pas. Une réflexion est engagée pour la création de places d’hébergement dédiées aux auteurs, afin de sécuriser davantage le parcours des victimes. Pour rappel, dans le département, 246 places sont destinées à l’hébergement des femmes victimes de violences et de leurs enfants permettant ainsi aux victimes de s’inscrire dans un parcours de reconstruction et d’insertion pérenne.

Enfin, la création de dix places d’hébergement dédiées aux parcours de sortie de la prostitution fera l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) courant 2026.

S’agissant des actions transversales, il convient de souligner celles dédiées aux femmes victimes de violences en milieu rural, où se produisent 47 % des féminicides. Les actions du Moulin de Pont-Rû proposent notamment des accompagnements spécifiques et un soutien à la parentalité, dans un contexte où la mobilité constitue un frein majeur à l’accès aux dispositifs pour les femmes en situation de précarité ou non véhiculées.

Enfin, à destination des acteurs, la nécessité de poursuivre les actions de formation a été réaffirmée. Pour l’année 2026, des cycles de formation sont prévus de janvier à mai, avec sept journées thématiques.

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