Personnes isolées appelant le 115 : profils, recours et mise à l’abri

Profil des personnes isolées sollicitant le 115

En 2025, 1 439  personnes isolées ont formulé une demande de mise à l’abri via le 115. Parmi elles, 829 sont des hommes seuls (57,6 %) et 610 des femmes seules (42,4 %). Ce public représente à lui seul 20 % de l’ensemble des personnes ayant sollicité le 115 sur l’année. Les femmes seules ont en moyenne 37,6 ans, c’est-à-dire 3,5 ans de moins que les hommes seuls (41,1 ans en moyenne). Cela s’explique par le fait qu’un tiers des femmes seules ont moins de 30 ans, contre 23 % des hommes seuls.

Les personnes isolées se distinguent par une précarité économique moins forte. Si une part importante d’entre elles ne dispose d’aucune ressource et que leur revenu moyen (970 €) est inférieur à celui observé pour l’ensemble des ménages demandeurs (1 105 €), cette différence doit être relativisée : les ménages comptent en moyenne deux personnes. Rapporté au nombre d’individus, le niveau de ressources des personnes isolées apparaît en réalité plus élevé que celui de l’ensemble des ménages.

Sur le plan administratif, ce public présente une situation globalement plus stable que la population générale ayant recours au 115. Ainsi, 22 % des personnes isolées sont de nationalité française, contre 14 % dans l’ensemble des demandeurs.
De même, la part de personnes sans droit au séjour y est
relativement plus faible. Ces éléments constituent des facteurs favorables dans l’accès aux dispositifs d’hébergement et de logement adapté.

Les demandes et attributions

En 2025, les personnes isolées ont effectué 10 866 demandes de mise à l’abri, soit 32 % de l’ensemble des demandes enregistrées. Les hommes seuls représentent 20 % de ces demandes et les femmes seules 12 %.

Malgré ce poids important dans la demande, les personnes isolées présentent les taux d’attribution les plus faibles, comparativement aux autres configurations familiales. Cette situation s’explique en grande partie par les critères de priorisation définis dans le cadre unifié des SIAO, qui favorise notamment
les ménages avec enfants. Ainsi, le taux d’attribution s’établit à 22 % pour les hommes seuls et 24 % pour les femmes seules, contre 41 % pour les femmes seules avec enfant(s) et 31 % pour les couples avec enfant(s).

L’analyse par âge met en évidence des disparités significatives. Les personnes isolées âgées de 65 ans et plus bénéficient des taux d’attribution les plus élevés (jusqu’à 42 % pour les hommes), de même que les jeunes femmes de 18 à 25 ans (34 %). À l’inverse, les personnes âgées de 26 à 49 ans apparaissent comme les moins bien pourvues, avec un taux d’attribution d’environ 21 %. Ces écarts traduisent l’effet d’autres critères de vulnérabilités pris en compte dans les décisions d’orientation.

Les modalités de mise à l’abri diffèrent également selon les publics. Alors que 89 % des mises à l’abri tous publics confondus s’effectuent à l’hôtel, cette proportion n’est que de 52 % pour les personnes isolées. Celles-ci sont plus fréquemment orientées vers des dispositifs alternatifs, tels que les abris de nuit ou les places d’hébergement d’urgence.

Enfin, l’intensité du recours au 115 varie selon les profils. Un taux d’attribution plus élevé ne se traduit pas nécessairement par un recours plus fréquent. Les jeunes isolés, par exemple, sollicitent le 115 de manière plus ponctuelle (3,6 demandes en moyenne par personne) malgré un taux d’attribution de 30 %. À l’inverse, les personnes âgées de 50 à 64 ans effectuent en moyenne 9,5 demandes pour un taux d’attribution inférieur (23 %).

Ce recours différencié s’explique en partie par les stratégies d’hébergement mobilisées : les plus jeunes alternent davantage entre différentes solutions informelles (hébergement chez des tiers, modes de vie alternatifs), tandis que ces options sont plus limitées pour les personnes isolées plus âgées, et a fortiori pour les familles.

Personnes isolées appelant le 115 : profils, recours et mise à l’abri
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