Au-delà de sa fonction première, le logement social a été pensé comme un moyen de brasser socialement les populations par l’Etat. Celui-ci s’appuie sur l’article 55 de loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) qui : “vise à rééquilibrer l’offre de logement social et abordable sur l’ensemble du territoire, en favorisant une répartition équilibrée du parc social, garante de la mixité sociale et de la solidarité territoriale”, en imposant aux communes de plus de 3 500 habitants (+ de 1 500 en Ile-de-France) un quota de 25 % de logements sociaux. Selon une enquête récente de l’INSEE, la corrélation entre la production de logements sociaux et la mixité sociale qui en résulte ne serait pas si évidente. En effet, l’INSEE observe une concentration spatiale des logements sociaux dans les quartiers les plus paupérisés des grandes unités urbaines. De plus, les logements sociaux qui sont hors de ces quartiers accueillent généralement des résidents plus aisés. Ainsi, les ménages du parc social des quartiers aisés ont un niveau de vie médian supérieur de 20 % à celui des locataires du parc social des quartiers modestes. Enfin, les quartiers dont le niveau de vie est élevé accueillent beaucoup moins de logements sociaux que le reste des quartiers.
Si la loi SRU permet de maintenir une part de logements sociaux dans les villes, ce qui est nécessaire au vu des difficultés rencontrées pour se loger, elle ne permet pas mécaniquement un brassage social des habitants d’une ville comme elle le visait initialement.
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