Habitat des jeunes en Île-de-France et évolution du monde associatif
À l’occasion de ses 50 ans, l’URHAJ (Union régionale pour l’habitat des jeunes) a organisé un séminaire consacré à l’habitat des jeunes en Île-de-France. Réunissant une centaine de participants, cette journée a permis d’aborder les évolutions du monde associatif, les difficultés croissantes d’accès au logement et les problématiques spécifiques rencontrées par les jeunes étrangers et les jeunes sortant de l’ASE.
Les jeunes étrangers en FJT : un cumul de précarités
L’atelier consacré aux jeunes étrangers en FJT a mis en évidence les conséquences de la perte ou du non-renouvellement du titre de séjour. Celle-ci entraîne souvent un cumul de précarités administratives, financières, professionnelles et sociales. La méconnaissance du système administratif français et la barrière de la langue renforcent ces difficultés. Les parcours d’exil, parfois traumatisants, peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé mentale. Certaines structures, comme l’ALJT, ont développé des réponses spécifiques, avec la création de permanences psychologiques ou des fonds d’aide permettant de prévenir les impayés en cas de rupture de ressources. La complexité administrative et les disparités territoriales dans le traitement des demandes de titres de séjour renforcent le besoin d’un accompagnement juridique au sein des FJT. Toutefois, le manque de temps et de moyens limite les possibilités d’accompagnement de ces jeunes.
Les jeunes majeurs sortant de l’ASE : prévenir les ruptures
Une intervention du collectif Cause Majeur a également porté sur l’application de la loi Taquet du 7 février 2022 et l’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’ASE. L’enquête menée auprès des départements révèle d’importantes disparités territoriales : la durée moyenne d’accompagnement est souvent inférieure à six mois, 26 % des jeunes n’ont pas de référent ASE et seuls 18% des jeunes ayant reçu une OQTF continuent à être accompagnés pendant leur recours. Le collectif défend un droit opposable à l’accompagnement jusqu’à 21 ans, voire 25 ans, avec un projet d’accompagnement vers l’autonomie, afin de leur garantir des chances de réussite comparables à celles des jeunes ayant grandi dans leur famille. Le collectif préconise également le versement systématique du pécule à 18 ans ainsi que la régularisation automatique des MNA pris en charge par l’ASE, ce qui permettrait de favoriser leur intégration sociale et économique. Les FJT constituent un maillon important de cette transition : 15% des places sont réservées aux jeunes sortant de l’ASE.
Cette journée a mis en évidence une tension croissante entre l’augmentation des besoins sociaux et la diminution ou la transformation des moyens publics. Les FJT et les associations demeurent des acteurs essentiels de l’accès au logement et de l’accompagnement des jeunes, mais leur capacité d’action est fragilisée par le contexte actuel.
