Jeunes en situation de précarité, quelles réalités ?

Le jeudi 18 juin s’est tenu le forum « Jeunes & Précarités », organisé par le SIAO 95 à la Maison pour Tous à Goussainville. Cette journée, organisée afin de développer l’interconnaissance, favoriser les échanges et construire collectivement des réponses adaptées aux besoins des jeunes Val-d’Oisiens, a réuni une centaine de participants.

À cette occasion, une vingtaine de partenaires ont tenu des stands pour présenter leurs actions et leurs dispositifs. Par ailleurs, huit ateliers ont été proposés aux professionnels accompagnant les jeunes de 18 à 25 ans en situation de précarité. Ces temps d’échange ont permis de partager les difficultés rencontrées sur le terrain, de mettre en lumière les constats communs et de réfléchir aux solutions existantes ou à envisager.

Les ateliers étaient organisés autour de quatre grandes thématiques : la santé, l’hébergement/logement, l’insertion professionnelle et l’insertion sociale.

Des premières pistes de réflexions ou constats partagés ont émergé :

La diversité des parcours, des problématiques et des ressources des jeunes ne permet pas de considérer « les jeunes » comme une catégorie homogène. Toutefois, la jeunesse constitue en elle-même un facteur de vulnérabilité, auquel peuvent s’ajouter d’autres éléments (par exemple : absence de soutien familial, type de contrat de travail, etc.). Cela renforce la pertinence de dispositifs spécifiquement dédiés à ce public.

Plusieurs études montrent que les jeunes sont particulièrement concernés par la précarité résidentielle et financière. En 2021, l’Observatoire des inégalités souligne l’importance de la précarité chez les moins de 25 ans. Concernant le public étudiant, l’enquête Linkee (2026) indique que 78 % des étudiants vivent avec 100 € ou moins par mois. Enfin, les 18-25 ans représentaient 20 % des nouvelles demandes d’insertion enregistrées par le SIAO en 2025. Ainsi, bien que les jeunes ne constituent pas un groupe homogène, ils partagent souvent une situation de précarité financière et/ou résidentielle marquée.

La journée a également permis de mettre en lumière plusieurs facteurs fragilisant les parcours des 18-25 ans. Les ruptures de droits administratifs (par exemple la perte d’un titre de séjour) ont été largement évoquées. Cette perte peut empêcher l’accès à de nombreux dispositifs, rendant l’accompagnement plus complexe et contribuant à un processus de précarisation et d’isolement social. Ce phénomène peut être rapproché du concept de « désaffiliation » développé par Robert Castel, qui appréhende la précarité comme un processus multidimensionnel (précarité résidentielle et financière, isolement social, etc.) dont les différentes composantes se renforcent mutuellement.

Autre constat : les parcours des jeunes ne sont ni linéaires ni continus. Pourtant, les dispositifs et les représentations dominantes reposent souvent sur une vision progressive et ascendante des parcours. Introduire davantage de souplesse, tant dans l’accès que dans le maintien au sein des dispositifs en cas de rupture, permettrait d’en limiter les effets négatifs et de sécuriser les trajectoires.

Une restitution plus détaillée est prévue en septembre. Elle permettra de partager l’ensemble des réflexions, constats et propositions issus des ateliers, ainsi qu’une synthèse des contributions recueillies sur le mur d’expression, autour des quatre thématiques abordées.

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